Le Cordyceps sinensis

Le Cordyceps sinensis anti-inflammatoire naturel et anti-fatigue

Cordyceps sinensis

Le Cordyceps sinensis (Cephalosporium sinensis) est un champignon ascomycète qui appartient à la famille des Clavicipitaceae et à l’ordre des Hypocreales.

On le trouve sur les hauts plateaux tibétains, en Chine, au Bhoutan, au Népal et dans les régions du nord-est de l’Inde, à des altitudes situées entre 3000 et 5000 m.

Le cordyceps est un champignon dont le mycélium se développe normalement dans l’organisme de la chenille Hepialus fabricius.

Traditionnellement, on recommande de prendre de 5 g à 10 g de poudre de champignon par jour.

Au cours des études, on a souvent utilisé un extrait de cordyceps cultivé , à raison de 3 g par jour.

Il agît sur la fatigue, en tant qu’aphrodisiaque, il stimule l’activité sexuelle, et à des propriétés anti-inflammatoires.

Histoire :

Le Cordyceps a été découvert au Tibet il y a plus de 1000 ans quand un pasteur a constaté que ses animaux présentaient plus de vigueur quand ils consommaient ces champignons.

Au niveau mondial, ce fut dans les années 90 qu’il a gagné une renommée mondiale puisque des athlètes chinois qui avaient établi de nouveaux records du monde dans différentes épreuves athlétisme, ont révélé qu’ils avaient intégré ce champignon dans leur alimentation.

Dans la pharmacopée chinoise, il est enregistré depuis les années 60 et son utilisation a augmenté de manière considérable en 2003, du fait de l’apparition du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS)

 

Cordecyps

 

Sa consommation :

La consommation élevée de Cordyceps est due principalement aux multiples propriétés médicinales qu’on lui attribue et qui le font connaître comme le viagra de l’Himalaya.

Il est actuellement possible de trouver des capsules avec de l’extrait de Cordyceps, mais il est préparé traditionnellement avec du poulet, du canard ou du porc en fonction de la maladie à traiter.

Il peut également être consommé en infusion dans de l’eau qui ne dépasse pas les 60 ºC : on laisse reposer pendant la nuit et on peut le consommer.

Il peut également être pris sous forme de soupe, avec de l’alcool de riz ou bien préparé dans le thé.

Usages & coutumes

Le Cordyceps sinensis est un champignon endémique des hauts plateaux tibétains, empli de symbolique et considéré comme une panacée du fait des nombreuses propriétés médicinales qu’on lui attribue.

La zone restreinte de sa répartition, son cycle biologique particulier, la symbolique et la légende qui l’entourent, font du Cordyceps un produit exclusif et de luxe qui atteint des prix élevés sur le marché.

L’offrir est très apprécié dans la culture chinoise et tibétaine. Il implique respect et souhait de longue vie pour la personne qui le reçoit.

.

cordiceps sinensis pur

.

Nous allons maintenant décrire les composés présents dans le Cordyceps sinensis qui possèdent un
intérêt pharmacologique :

NUCLÉOSIDES
Les nucléosides sont l’union d’une base azotée et de pentose et sont considérés comme les principaux composants bioactifs du Cordyceps sinensis. On a identifié : adénine, adénosine, cytosine, cytidine, uridine, guanine, guanosine, hypoxanthine, inosine, timine, timidine, 2’-désoxyuridine et cordicépine.

Ces molécules participent à la régulation et à la modulation de divers processus physiologiques dans le système nerveux central.

La cordicépine (3’-désoxyadénosine) possède en outre une action anticancéreuse grâce à sa capacité à se substituer à l’adénosine, empêchant ainsi la synthèse de l’ARN. Elle possède également des propriétés anti-inflammatoires.

POLYSACCHARIDES
Les polysaccharides sont des macromolécules dont la fonction peut être énergétique ou structurale. On a identifié du manoglucane, des exopolysaccharides, des hétéropolysaccharides et du D-glucane.

Ce sont des composants majoritaires du Cordyceps sinensis et ils sont responsables d’un grand nombre de propriétés pharmaceutiques du champignon : anti-inflammatoires, antioxydants, anticancéreux, antimétastasiques, inmunomodulateurs, hypoglycémiques, stéroïdogéniques et hypolipidémiques.

STÉROLS
On a isolé différents stérols dans des extraits de Cordyceps sinensis, parmi lesquels l’ergostérol (composant de la membrane cellulaire des champignons et précurseur de la vitamine D2) qui présente une activité anticancéreuse et est présent à des niveaux élevés de manière naturelle dans le Cordyceps sinensis.

Autres composés
Les autres composés intéressants qui ont été isolés dans le Cordyceps sinensis sont : protéines, peptides, polyamines, acides aminés essentiels, vitamines, minéraux et dipeptides cycliques aux propriétés antimicrobiennes.

Le D-manitol (acide cordicépique) se trouve également présent dans une proportion élevée (les 3,4 % du poids sec total) et  résente des propriétés diurétiques, antitussives et antioxydantes.

 

cordiceps sinensis

 

ANTIFATIGUE
On a décrit une diminution de la fatigue et une augmentation de la libido après la consommation de mycélium (corps végétatif du champignon) du Cordyceps sinensis.
Il accroît en outre les niveaux d’ATP : molécule énergétique des cellules qui augmente l’efficacité de l’utilisation de l’oxygène(7).

Koh et ses collaborateurs ont recherché l’effet antifatigue de l’extrait de mycélium et ont vérifié que son ingestion produisait une élévation de la durée de l’exercice et moins de fatigue.

On a récemment réalisé une étude sur des cyclistes amateur à qui l’on avait administré un complément alimentaire qui contenait un extrait standardisé de mycélium de Cordyceps sinensis.

L’analyse du taux du contenu dans la salive après l’effort a révélé une plus grande concentration en testostérone et une plus petite en cortisol, associée à une meilleure réponse de l’organisme face à l’effort. Ce complément a amélioré la résistance des sportifs.

NÉPHRO- ET PNEUMOPROTECTEUR
On a proposé l’utilisation de Cordyceps sinensis en association avec de faibles doses de cyclosporine A (médicament utilisé pour prévenir le rejet de la transplantation) chez des patients ayant subi une transplantation rénale. On a également étudié son effet positif sur le traitement de la maladie rénale chronique.

Il est utilisé en Chine depuis plus de mille ans comme défenseur de la santé respiratoire. Ainsi, des maladies comme l’asthme, la bronchite et la MPOC (maladie pulmonaire obstructive chronique) ont été traitées avec ce champignon.

Aphrodisiaque

Dans la médecine traditionnelle chinoise on utilise depuis très longtemps le Cordyceps dans les cas d’impuissance masculine ou de dysfonctionnement sexuel, et plusieurs études ont décrit son efficacité.

Diverses recherches associent une amélioration de la qualité spermatique, sur le désir et sur la libido lors de l’ingestion d’extraits de Cordyceps sinensis.

L’amélioration de la qualité du sperme est vraisemblablement due à la richesse en vitamines, zinc et acides aminés de l’extrait. En outre, le Cordyceps sinensis régule la production de testostérone grâce à l’activation de la voie AMPc/PKA.

 

cordiceps sinensis pur

 

 

Sources :1. Shrestha et al. (2013) Commerce, culture et conservation du caterpillar fungus (Ophiocordyceps sinensis) dans l’Himalaya. Conservation Biologique 159 : 514–520. 2. Illana-Esteban (2007) Cordyceps sinensis, un champignon utilisé dans la médecine traditionnelle Chinoise. Revue ibéro-américaine de Mycologie 24 : 259-262. 3. Chen et al. (2013) Propriétés du Cordyceps Sinensis : Une étude. Journal des Aliments fonctionnels 5 : 550-569. 4. Shashidhar et al. (2013) Principes bioactifs du Cordyceps sinensis : Un puissant complément alimentaire – Une étude. Journal des Aliments fonctionnels 5 : 1013-1030. 5. Winkler (2009) Caterpillar fungus (Ophiocordyceps sinensis). Production et durabilité sur le Plateau Tibétain et l’Himalaya. Médecine Asiatique 5 : 291-316. 6. Li et al. (2004) Distinction des composants solubles dans l’eau entre les Cordyceps naturels et cultivés par électrophorèse capillaire. Phytomédecine 11 : 684-690. 7. Zhu et al. (1998) La redécouverte scientifique d’une ancienne phytothérapie chinoise : Cordyceps sinensis Partie I. Journal de la Médecine alternative et complémentaire 4(3) : 289-303. 8. Li et al. (2006) Contrôle de qualité du Cordyceps sinensis, une médecine traditionnelle Chinoise de valeur. Journal de l’Analyse pharmaceutique et biomédicale 41 : 1571-1584. 9. Russell et al. (2008) Cordyceps-Une médecine traditionnelle Chinoise et une autre bio-usine thérapeutique fongique ? Phytochimie 69 : 1469-1495. 10. Tuli et al. (2013) Cordycépine : Un métabolite bioactif au potentiel thérapeutique. Sciences de la vie 93 : 863-869. 11. Hsu et al. (2003) Mécanisme régulatoire du mycélium Cordyceps sinensis sur la stéroïdogénèse cellulaire Leydig de la souris. Lettres FEBS 543 : 140-143. 12. Guo et al. (2010) La cordycépine prévient l’hyperlipidémie chez les hamsters recevant une alimentation riche en matières grasses par l’activation de la protéine kinase activée par l’AMP. Journal des Sciences Pharmacologiques 113 : 395-403. 13. Ji at al. (2009) Effet antiâge de l’extrait de Cordyceps sinensis. Recherche sur la phytothérapie23(1) : 116- 22. 14. Koh et al. (2003) Effet antifatigue et antistress de la fraction d’eau chaude provenant du mycélium du Cordyceps sinensis. Bulletin biologique et pharmaceutique 26 : 691-694. 15. Rossi et al. (2014) Amélioration de l’évaluation des conditions d’entraînement chez les cyclistes d’endurance : effets des compléments diététiques Ganoderma lucidum et Ophiocordyceps sinensis. Médecine complémentaire